Histoire de la commune commune de mouchan
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Commune de Mouchan (Gers)

Histoire de la commune commune de mouchan
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Histoire de la commune

Histoire de la commune commune de mouchan

Mouchan se situe dans le département du Gers (32) en Occitanie, communauté de communes de la Ténarèze

Histoire :

Le territoire est déjà occupé à l’époque des chasseurs cueilleurs.

Traces d’occupation romaine, Mouchan se trouve sur l’axe Agen – Eauze (capitale de la Novempopulanie). Le nom de Mouchan vient d’un dignitaire romain Mucius qui avait une propriété sur l’emplacement actuel du village.

Une première église a du être édifiée avant le 10ème siècle par des Bénédictins, les reliques de St Austrégésile assure la renommée de la communauté religieuse.

En 1089, Mouchan est donné à l’Ordre de Cluny et devient un doyenné. L’église est entièrement remaniée, construction d’un cloître, de bâtiments conventuels dans le but d’accueillir des moines bénédictins mais aussi des pèlerins car Mouchan se situe sur le chemin de pèlerinage qui relie Le Puy en Velay à St Jacques de Compostelle (Via Podensis).

Le Prieuré occupait le cœur actuel du village ce qui explique que l’église n’est pas en son centre.

En 1264, Mouchan est placé sous la protection du prieur de St Orens d’Auch.

Le prieuré eut à souffrir les rapines pendant la guerre de Cent Ans.

En 1569, les troupes protestantes investissent le prieuré, massacrent la population et détruisent le village et incendient l’église. Les moines ne se sentant plus en sécurité quittent Mouchan en 1572.

Le village est reconstruit en utilisant les pierres du prieuré.

Vers 1843 le père Jean Blain entame des travaux de restauration de l’église afin de la préserver.

Le village se transforme sous la municipalité de Bernard Faget vers 1881 avec la construction de la mairie école ; du déplacement du cimetière de la place, de la création du lavoir fontaine, de l’allée des tilleuls.

Pendant la 1ere guerre mondiale la commune va payer un lourd tribut avec 30 soldats morts au combat.

L’église est classée aux Monuments Historiques en 1921.

 

 

HISTOIRE et VISITE de L’EGLISE SAINT AUSTREGESILE – SAINT PIERRE

I ENTREE PAR LA TOUR

1° Accueil extérieur

La tour daterait de la fin X° siècle ou du début du XI° et appartiendrait à un réseau de fortifications (tour de guet), témoignage de la violence de l’époque féodale.

A la fin du X° ou au début du XIe, des moines bénédictins prennent possession des lieux, construisent un prieuré et une petite église.

En 1089, le prieuré est donné à l’Ordre de Cluny, alors ordre monastique le plus puissant de la Chrétienté et organisateur du pèlerinage de St Jacques de Compostelle dont Mouchan devient une halte de la Via Podensis (Voie du Puy).

Les moines clunisiens rebâtissent l’église contre la tour et la recouvrent du même appareil (pierres de taille et maçonnerie).

Le prieuré devient un doyenné.

Depuis 2005, MOUCHAN est membre de la Fédération des Sites Clunisiens et l’église romane est le 3ème site clunisien de Midi-Pyrénées, le 1er étant Moissac.

2° Accueil intérieur

Les moines ayant quitté le site le 2 juillet 1581 (certainement en raison des hostilités fratricides), l’église est réaménagée au XVII° siècle.

Dès cette époque, on assiste à un profond rejet de l’art médiéval et ainsi les fresques duXIVe sont enduites, elles seront retrouvées en 1986 ; absence d’explications sur les motifs :

on distingue 2 personnages, l’un barbu, l’autre portant une auréole, des chevaux, des arcades…

LITRES ET SEIGNEURS : sur l’enduit, on aperçoit des litres, ce sont des bandes noires tracées au décès de chaque membre de la famille seigneuriale ; ces marques vont être effacées, notamment lors de la Révolution Française.

Trois familles nobles se succèdent ; on ignore l’emplacement du château seigneurial bien que l’on puisse considérer le domaine de Lassalle (en gascon ce terme signifie château).

La 1ère répertoriée est la famille BILHERES DE LAGRAULAS (village près de Vic-Fezensac) ;un de ses enfants des plus notoires est le Cardinal Jean III de Bilhères-Lagraulas, ambassadeur de France à Rome des rois Louis XI et Charles VIII. C’est lui qui commandera à Michel-Ange la célèbre Pietà du Vatican (Il meurt avant son achèvement).

Puis, le fief passe à la famille DE BEZOLLES (village près de Valence S/ Baïse) qui vendront Mouchan à une grande famille de parlementaires, noblesse de robe originaire de Mauléon d’Armagnac, les MANIBAN seigneurs du BUSCA dans l’actuelle commune de MANSENCOME (Ils donneront le nom de leur terre à un quartier de TOULOUSE, le Busca qui existe toujours) ;

Ils construisent un nouveau château  à Mansencôme (de nos jours, visites guidées).

C’est une famille très puissante ; d’ailleurs, une de leurs filles va être mariée au Premier Maître d’Hôtel du roi Louis XV et ainsi la Cour découvrira l’Armagnac.

II INTERIEUR DE L’EGLISE

1° LE CHOEUR

LA RESTAURATION daterait de 1846 ; typique du style Viollet-le-Duc car tous les joints sont soulignés (alliage de plomb) et les pierres sont recouvertes de ciment ; les pierres sont issues de la carrière de Ramounet.

Hélas, à l’occasion de ces travaux, les fresques peintes dans le chœur ont été « nettoyées ».

LES CHAPITEAUX qui forment les décors sont essentiellement à motifs végétaux ; pour la plupart, sculptés de feuilles d’acanthe, d’autres avec des rinceaux ornés de fleurs, de glands, de pommes de pin ; ces ornements sont sobres et courants.

A noter : l’unique chapiteau (près de la sacristie) avec son tailloir décoré (pierre du dessus) et sa colonne dont la base est à motif torsadé ; on peut penser à un réemploi de chapiteau du cloître détruit après le départ des moines.

Côté sud-est, on trouve deux chapiteaux figuratifs : le 1er représente des aigles emprisonnant des serpents de leurs serres, eux-mêmes mordant les ailes des oiseaux.

Le second est orné sur trois côtés : le 1er montre une femme plongée dans un baquet ; deux thèses : soit les serpents lui mordent les seins et c’est le châtiment de la luxure, soit elle les allaite et la scène fait écho à la mythologie celtique, à savoir la déesse qui nourrit les forces terrestres.

A noter : le serpent peut évoquer le mal mais avant le christianisme, le serpent symbolisait lesforces telluriques ; or, l’église est bâtie sur une ancienne villa romaine, elle-même édifiée au dessus de sources souterraines, de plus, il faut savoir que les lieux de cultes païens ont été récupérés par l’Eglise.

Le 2ème figure un sonneur de cloches et le 3ème représente un sarcophage surmonté d’une croix.

AUTRES DECORS :
Les arcades sont ornées de losanges, motifs assez rares dans les églises romanes ; il se peut que ce soit l’influence du style mozarabe ; les mozarabes sont des chrétiens vivants en Espagne  sous domination musulmane au Moyen-âge ; ils ont à l’origine d’un style particulier car emprunt d’art islamique.

A noter qu’à l’époque, les compagnons travaillaient des deux côtés des Pyrénées.

Au dessus, on aperçoit un cordon de billettes, ce motif à damiers est présent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ; il est très caractéristique des églises situées sur le Chemin de Compostelle.

Plus haut, on voit des demi sphères qui, elles aussi se répètent dans l’édifice. Il semblerait que ces ornements soient une stylisation des coquilles Saint-Jacques.

Le chœur est aussi agrémenté d’un beau tabernacle du XVII° siècle, classé en 1908 ; typique du style baroque du sud de la France, doté de colonnes torsadées ; hélas, on remarque qu’à chaque extrémité, les niches sont vides puisque les 2 statuettes ont été dérobées dans les années 70.

Autour, on voit reposant sur des socles, des statues en plâtre de saints, d’anges et têtes d’angelots datant du XIXe, certaines ont aussi été volées !

LES VITRAUX  fabriqués à Condom datent du XIXe ; au centre, nous voyons le Saint- Patron de Mouchan, ST AUSTREGESILE ou OUSTRILLE.

Noble de la Cour de Bourgogne puis Archevêque de Bourges au VIe ; il se rendit célèbre en soignant miraculeusement des aveugles, des paralytiques, des hystériques.

D’après les archives du Diocèse d’Auch, ses reliques étaient conservées dans un buste reliquaire dans la première église avant 1060.

Il faut savoir que le trafic de reliques était très fréquent au Moyen-âge ; les monastères n’hésitaient pas se dévaliser mutuellement car ces « trésors » étaient sources de profits et garantissaient la venue des pèlerins.

D’ailleurs, Sainte-Foy de Conques a été volée à un monastère d’Agen !

Dans ce contexte, il n’y a donc rien d’étonnant à détenir celles d’un archevêque de Bourges à Mouchan.

A noter : Bourges va devenir rapidement une métropole et son archevêque détient le titre de

Primat d’Aquitaine ; il se peut que ses habitants aient voulu protéger les reliques de Saint Austrégésile de l’invasion viking en les transportant dans un endroit isolé tel que Mouchan.

2° LE TRANSEPT

Sous l’action de Monsieur Duprat, LA CROISEE est l’élément majeur qui a permis de faire classer l’église Monument Historique en 1921.

Il est le père de Madame Nicole Castaing, qui comme lui, a œuvré pour Mouchan ; jusqu’en 2005, elle a été la gardienne de ces lieux ; c’est elle, notamment, qui signala les fresques de la tour.

On considère que cette croisée serait une des premières voûtes en ogive du sud de la France ; cependant, il manque la clé de voûte et les arêtes ne font que reposer sur les piliers ; elles ne participent pas à la poussée des forces.

En regardant plus attentivement, on distingue plutôt un double plein cintre croisé ; c’est donc une ébauche d’ogive ; nous nous trouvons à la transition ROMAN/GOTHIQUE.

De plus, les moines clunisiens qui chantaient beaucoup  ont su par la hauteur de la nef profiter d’une très bonne acoustique. C’est pourquoi, encore de nos jours, des chorales se produisent et des concerts instrumentaux y sont organisés.

Cette élévation annonce la construction des cathédrales gothiques un siècle plus tard (Saint-Denis 1140).

On retrouve le même type de voûte à l’abbaye de Flaran qui appartenait aux cisterciens ; l’Ordre de Cîteaux était rival de Cluny.

L’ANCIEN CLOCHER : au dessus de la voûte existait une tour servant de clocher ; cette tour a été détruite en 1569 au cours d’un incendie ordonné par Montgomery (Capitaine des Gardes Ecossaises à la Cour de France, c’est lui qui lors d’un tournoi chevaleresque fut à l’origine de la morts accidentelle du roi Henri II, il lui avait planté sa lance dans l’œil).

Après cet événement, il se réfugia chez Jeanne d’Albret au château de Nérac (mère de Henri de Navarre, futur roi Henri IV), chef du Parti des Protestants.

A Saint Puy, résidait Blaise de Montluc (surnommé « le bourreau du roi »), chef de l’armée catholique.

Dans ce contexte, ces deux ennemis s’affrontent et perpétuent de nombreux massacres dans la région, c’est ainsi que Mouchan fut incendié par les troupes protestantes de Montgomery, le clocher et une partie de la nef s’écroulèrent.

CHAPELLE DU TRANSEPT ET ABSIDIOLE : le transept forme deux chapelles ; celle au nord est dédiée à la Vierge Marie et celle au sud au Sacré-Cœur de Jésus.

On peut admirer deux tableaux de l’Ecole Française du XVIII°siècle :

« La Vierge écrasant le serpent » et « Saint-Pierre Apôtre » ; le 1er est du peintre Jean-Baptiste Smet, artiste flamand installé à Auch et renommé pour ses œuvres religieuses, le second rappelle que Saint Pierre est le Saint- Patron (avec St Paul) de l’Ordre de Cluny, d’où le deuxième vocable de l’église.
Les armes clunisiennes (voir la plaque de la Fédération des Sites Clunisiens posée à l’entrée du porche) évoquent ces 2 apôtres ; les clés de St Pierre et l’épée de St Paul.

Ces 2 toiles ont fait l’objet d’une restauration en 2007 et ont  retrouvé leurs places initiales. Le tableau de la Vierge est accroché dans la chapelle nord et celui de l’apôtre sur le mur au fond de la nef.

Le mur élevé au XIXe ferme l’absidiole nord qui, de fait, a été transformée en sacristie ; on peut voir des chapiteaux, notamment un assez énigmatique : des têtes de félins stylisés (chats ou lions) ?

Dans le transept, on remarque un chapiteau figurant « Daniel dans la fosse aux lions », par ailleurs, on voit aussi des lions très réalistes sur un chapiteau situé entre la croisée et le chœur.

3° LA NEF

On pense que la nef détruite au XVI° siècle fut remontée un siècle plus tard, il est notable qu’elle n’est pas proportionnelle par rapport au chœur et au transept.

Le plan de l’édifice est aujourd’hui en croix grecque, alors qu’à l’origine il était bien en croix latine.

De plus, les segments de piliers correspondraient à des arcs doubleaux, ce qui indique qu’autrefois, la nef comptait une seconde travée.

Les archives de la restauration opérée au XIXe précisent que l’arcade de la voûte en berceau subsistait toujours avec ses chapiteaux, toutefois, à cette époque, la voûte fut refaite et l’arcade fut démolie.

D’autre part, il faut savoir que jusqu’au XVIIe, l’entrée se situait côté nord (encore visible à l’extérieur);

Puis, on ouvrit une autre entrée au sud, celle actuelle située sous le porche.

A noter : la collection de vêtements liturgiques des XVIII° et XIX siècles.

Au centre du mur, nous voyons une statue supposée être  St Austrégésile (qui fait face au vitrail du chœur) ; la tradition dit qu’elle fut retrouvée dans les décombres d’une petite chapelle d’un hameau mouchanais détruite par les protestants ; elle fut l’objet de pèlerinages et longtemps très vénérée.

Au dessus, le vitrail montre un Poilu mourant dans les bras de Marie et du Christ ; il s’agit de

Maurice ROBERT (son nom est gravé sur la plaque de marbre en hommage aux soldats,

Enfants de Mouchan morts lors de la Première Guerre mondiale). Sa mère, résidente au château du Tauzin (route de Condom), était très appréciée ; ce vitrail est un témoignage du désastre provoqué par ce terrible conflit.

ART SULPICIEN : les statues sont typiques de cet art du XIXe, représentations du renouveau catholique ; l’Eglise a voulu réaffirmer la foi des populations éprouvée après 3 révolutions anticléricales (1789. 1830. 1848).

On remarque Notre-Dame de Lourdes dont le culte se manifeste dès le Second Empire.

De plus, 2 statues importantes localement trouvent leur place dans l’église :

Ste Germaine de Pibrac reconnaissable à son tablier fleuri (un pèlerinage se déroule chaque

21 juin à Pibrac, commune près de Toulouse) ; petite bergère de la fin du XVIe maltraitée par sa belle-mère ; des guérisons dites miraculeuses auraient eu lieu de son vivant puis après sa mort, sa tombe fut saccagée à la Révolution, elle fut canonisée au XIXe.

Jeanne d’Arc, nommée la Bienheureuse, cette statue date d’avant sa canonisation en 1920 ; son culte est lié au déploiement du patriotisme de la fin du XIXe. Elle est présente dans beaucoup d’églises gersoises car elle était surnommée « L’armagnacaise » bien qu’elle ne fût jamais venue dans la région ; c’est sa fidélité au roi Charles VII (qu’elle fit sacrer à Reims) qui lui vaut ce titre, d’autant qu’elle commanda aux Capitaines du roi qui luttèrent contre les anglais (maîtres de l’Aquitaine) et les bourguignons (leurs alliés) durant la Guerre de Cent Ans.

A noter : Condom et Mézin étaient sous domination anglaise ; Mouchan fut incendié par les troupes du Prince Noir, fils aîné du roi d’Angleterre alors que Lectoure était ville seigneuriale des Comtes d’Armagnac (fidèles au roi de France) 

III EXTERIEUR DE L’EGLISE

A noter : près du porche, la croix missionnaire de 1838, qui à l’origine se trouvait sur la place face à l’église fut déplacé à cet endroit d’après la tradition orale, pour permettre au premier camion d’un volailler du village de pouvoir manœuvrer plus au large (la direction assistée n’existait pas encore).

1° SUD-OUEST

De ce côté, on remarque que la nef a été reconstruite au vu des différents appareils, également, on voit le contrefort du pilier intérieur.

De plus, on distingue plus haut la base de l’ancien clocher ; dans les années 70, on trouva un sarcophage mérovingien d’un très jeune enfant (actuellement exposé à l’accueil) ; il se peut qu’il provienne de Gelleneuve (campagne de Mouchan), lieu d’une nécropole mérovingienne.

Lors de ces fouilles, un magnifique chapiteau fut découvert puis envoyé en dépôt au musée de Lectoure, spécialiste des Antiquités ; hélas, l’objet s’est « volatilisé » de ses réserves.

2° OUEST

Les moines de Cluny ont quitté Mouchan le 2 juillet 1581, époque où leur prestige était déjà amoindri ; Le doyenné dépendant de Saint-Orens d’Auch était une sauveté, à savoir une communauté regroupée sous la protection de l’Eglise (ce qui n’a pas empêché les incursions violentes).

Après le départ des moines, les mouchanais ont reconstruit les parties endommagées l’église qui est devenue paroissiale mais les bâtiments monastiques ont servi pour construire les maisons ; il faut savoir que les moines avaient procédé de même avec les sites gallo-romains.

 Des bâtiments du doyenné, il ne demeure que le soubassement du moulin à eau (à la Bourdette), la tour féodale de La Salle et un pont roman traversant l’Osse.

Mouchan, comme nombre de villes et villages, a en son sein des vestiges de différentes époques de l’Antiquité au XXe.

3° NORD-OUEST

Des traces au sol évoquent le parvis et le cloître détruit ; jusqu’au XIXe, le cimetière se trouvait autour de l’édifice.

L’ancienne porte paraît assez basse mais d’après les archives diocésaines, on entrait dans l’église en descendant quelques marches.

Sur cette porte murée, on observe les billettes et le motif à corde, toujours ces mêmes caractéristiques des églises situées sur le Chemin de Compostelle.

De plus, on remarque de chaque côté,  deux croix identiques qui semblent être les croix de consécration.

Par ailleurs, les cavités des murs sont des trous de boulin ; ils permettaient aux ouvriers de monter les échafaudages.

Du côté du transept, tout le long de la corniche, on distingue des boules, des billettes et des modillons, dont un obscénat masculin.

A noter : les obscénats ; scènes expressives très courantes au Moyen-âge (époque sans tabous) ; il faudra le Concile de Trente (fin du XVIe) pour que les catholiques surenchérissent sur le puritanisme des protestants et que ces représentations extérieures soient supprimées (les mentalités vont évoluer vers davantage de pudeur).

4° NORD

D’autres modillons décorent la corniche : pommes de pin (probablement symbole de l’immortalité), tête de taureau, volute, trio de boulets (pas d’explications), boule gravée d’une Croix.

Cette partie du bâtiment témoigne du travail des tâcherons ; les marques gravées que l’on aperçoit sont les « signatures » des tailleurs de pierre qui étaient payés à la tâche; certaines identiques se retrouvent à Flaran (abbaye édifiée une trentaine d’années plus tard) et à Larressingle.

A noter : les marques se transmettaient de père en fils ou de maître artisan à apprenti.

La corniche de l’absidiole offre d’autres modillons, notamment trois figurations assez surprenantes : un obscénat féminin, un chat à la tête complètement retournée, qui sourit, et tire la langue et dont les pattes s’accrochent à la génoise, un orant (homme en prière) ou un être humain ayant les bras croisés sur la poitrine.

5° CHEVET

Du côté nord, on voit un 3ème obscénat : un couple enlacé

Plus loin, on découvre la sculpture d’un ours à l’extrême-est.

Cet emplacement n’est pas insignifiant car dans la culture celtique, l’ours incarne la royauté.

A noter : la racine vocale « art » signifie « roi » (Roi ARTHUR)

Afin d'affaiblir les cultes « païens », les chrétiens vont faire de l’ours un animal maléfique puis le remplacer par le lion (très présent dans l’héraldique) ;

On remarque aussi les serpents entourant les colonnettes de la baie centrale.

Au terme de la visite, on constate que la tour d’accès a été surélevée pour servir de clocher.


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